L’ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a livré le mardi 3 septembre 2025 à Kinshasa une communication remarquée lors de l’atelier sur les mécanismes de fonctionnement et de stabilisation des institutions provinciales, organisé par le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières.
Devant les présidents des Assemblées provinciales, les gouverneurs, ainsi que plusieurs députés et ministres provinciaux, l’expert en décentralisation et doctorant en sciences politiques et administratives à l’Université de Kinshasa a développé le thème : « Élaboration des politiques provinciales à travers la production des édits provinciaux et causes des conflits récurrents entre les institutions provinciales en RDC ».
Julien Paluku a invité les institutions provinciales à identifier clairement les problèmes prioritaires et à définir les objectifs poursuivis dans l’élaboration des édits, qu’ils soient initiés par les Assemblées provinciales ou par les gouvernements provinciaux. Il a rappelé que ces édits doivent s’inscrire dans les matières exclusives aux provinces – telles que le droit civil et coutumier, la protection civile, les incendies ou le trafic routier – mais aussi dans certaines matières concurrentes avec le pouvoir central, avec des spécificités locales.
S’appuyant sur son expérience de 12 années à la tête du Nord-Kivu, l’orateur a recommandé la création d’un Bulletin officiel provincial pour publier les édits promulgués par les gouverneurs, et a suggéré d’associer la société civile à l’élaboration d’un budget participatif, gage de transparence et de bonne gouvernance.
Évoquant les causes récurrentes de tensions entre gouvernements provinciaux et Assemblées provinciales, Julien Paluku a pointé notamment la déconnexion de certains gouverneurs vis-à-vis des Assemblées dont ils émanent, l’imposition des candidats par Kinshasa ainsi que la gestion des finances publiques. Il a plaidé pour un dialogue permanent entre institutions provinciales et proposé l’activation de trois impôts afin de renforcer la mobilisation des recettes locales : l’impôt sur le revenu locatif, l’impôt foncier et l’impôt sur les véhicules automoteurs (vignette).
« La stabilisation des institutions provinciales passe par des mécanismes clairs, une gouvernance participative et une gestion transparente des finances », a conclu le ministre.
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