
À l’approche de la rentrée parlementaire de septembre, consacrée à l’examen du budget provincial, le président de l’Assemblée provinciale du Haut-Uele, Justin Zamba Ndezu, est rattrapé par de graves accusations de fraude. De plus en plus critiqué pour son incapacité présumée à assumer ses responsabilités, il se retrouve aujourd’hui au cœur d’une vive polémique qui fragilise davantage l’image de l’institution qu’il dirige.
Au-delà des soupçons de fraude qui alimentent les débats politiques et médiatiques, ses rapports tendus avec la société civile et la presse locales jettent de l’huile sur le feu. À plusieurs reprises, M. Zamba aurait qualifié les journalistes de « mendiants » lorsqu’ils sollicitaient des éclaircissements sur des dossiers sensibles concernant la province. Une attitude jugée méprisante par les professionnels des médias, qui réclament des excuses publiques.
Faute de quoi, ils menacent d’imposer un embargo médiatique contre lui, dénonçant « l’arrogance d’un homme arrivé par accident de l’histoire à la tête de l’organe délibérant ».
Mais c’est aussi son leadership qui est de plus en plus remis en cause. Certains de ses collègues députés provinciaux, qui préfèrent pour l’instant garder l’anonymat, l’accusent de bloquer le bon fonctionnement de l’Assemblée et d’être incapable d’insuffler une dynamique constructive.
« L’Assemblée provinciale du Haut-Uele mérite mieux qu’un président qui se cherche encore », lâche un élu, visiblement excédé par ce qu’il qualifie de « navigation à vue ».
Le paradoxe est d’autant plus frappant que Justin Zamba a lui-même reconnu, à plusieurs reprises, son manque de qualifications académiques et politiques comparé à certains de ses collègues. Mais loin de lui valoir de l’indulgence, ces aveux nourrissent plutôt les doutes sur sa légitimité et renforcent l’idée qu’il ne doit son poste qu’à des alliances politiques de circonstance.
Dans un contexte où la province attend de son Assemblée des décisions fortes et une vision claire, le maintien de Justin Zamba Ndezu à la présidence apparaît de plus en plus comme un handicap. Une partie de la classe politique et de la société civile exige désormais sa démission, considérée comme la seule issue pour restaurer la crédibilité de l’institution.
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