Il faut croire que certaines fonctions donnent le vertige. Justin Zamba Ndezu, président de l’Assemblée provinciale du Haut-Uele, a jugé bon de traiter les journalistes de « mendiants ». Mal lui en a pris : il a déclenché un tollé et réussi surtout à se ridiculiser aux yeux de l’opinion.

Car enfin, de qui parle-t-on ? D’un homme dont la carrière se résume à quelques cases modestes : enseignant du primaire (profession honorable, mais qui ne donne à personne le droit de distribuer des insultes), orpailleur artisanal pendant des années, puis créateur d’une mystérieuse « entreprise de poche » dont même les fantômes ignorent l’adresse du siège social. Voilà le « donneur de leçons » qui ose s’attaquer à des journalistes qui, eux, exercent chaque jour un métier exigeant et exposé.

L’incohérence est frappante. Ceux qu’il appelle des « mendiants » sont ces jeunes reporters qui bravent l’insécurité, la précarité et parfois même les menaces pour informer la population. Eux ne se plaignent pas. Pendant ce temps, M. Zamba Ndezu, qui n’a jamais brillé par des réalisations notables, pense qu’il peut insulter toute une corporation, comme si l’insulte tenait lieu de programme politique.

À défaut d’apporter des solutions aux problèmes réels du Haut-Uele, le président de l’Assemblée provinciale s’est choisi un combat : rabaisser la presse. Résultat ? Il n’aura réussi qu’à mettre en lumière sa propre maladresse. Car un responsable politique qui insulte les journalistes ne salit pas la presse, il se couvre lui-même de ridicule.

La presse du Haut-Uele, elle, n’a pas besoin de mendier son respect. Elle continuera à faire ce qu’elle sait faire : informer. Quant à M. Zamba Ndezu, il ferait mieux de s’acheter un miroir, et d’y réfléchir avant de parler.

Rédaction

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