
Des propos tenus par le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des FARDC et de l’état de siège en Ituri, suscitent une vive controverse au sein de la presse locale. Lors d’une émission diffusée sur la Radio Télévision FARDC, l’officier a mis en garde les journalistes contre la diffusion de discours remettant en cause les décisions officielles, notamment celles liées au contrôle de casques et gilets imposé aux conducteurs de taxis-motos.
« Nous devons appuyer l’État. Quelqu’un qui vient contredire des décisions judiciaires ou politiques, conformément à la loi, ne doit pas être entendu. Les journalistes ne doivent pas donner la parole à de telles personnes qui n’ont rien à voir avec l’État congolais. Si vous le faites, vous serez arrêtés. La justice va vous arrêter », a-t-il déclaré.
Ces propos, interprétés par plusieurs professionnels des médias comme des menaces directes, font craindre une restriction des libertés d’expression et de presse dans la province.
Certains journalistes dénoncent ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire et rappellent que la mission de la presse est d’informer de manière équilibrée et de donner la parole à toutes les parties, conformément au code d’éthique et de déontologie des journalistes en République démocratique du Congo.
« Ce type de déclaration va à l’encontre des principes fondamentaux de la liberté de la presse. Les journalistes ne sont pas des porte-voix de l’État mais des acteurs qui garantissent le pluralisme de l’information », a réagi un professionnel des médias à Bunia.
Cette controverse remet sur la table la délicate question du respect de la liberté de la presse dans un contexte de conflit et d’état de siège, où la communication officielle tend à primer sur l’expression citoyenne.
Rédaction avec Rachidi Kudra

