
Lors de l’examen du projet de loi des finances 2026, en particulier de son volet consacré à la santé, Mambidi Koloboro Jean Marc, député national élu du territoire de Watsa et membre du Groupe parlementaire La Bonne Gouvernance, a livré une intervention remarquée, mêlant rigueur, lucidité et sens aigu de la responsabilité nationale.
Face au président de l’Assemblée nationale, aux membres du Bureau, aux députés et à la Première ministre, il a salué la célérité avec laquelle le Gouvernement a déposé le projet de budget, permettant ainsi un examen approfondi en vue d’une adoption éclairée.
La santé, pilier central de l’action publique
L’élu national de Watsa a replacé au cœur des débats la Couverture Santé Universelle (CSU), priorité majeure du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Il a rappelé que le droit à la santé et à une alimentation saine est garanti par l’article 47 de la Constitution. La politique nationale de santé, quant à elle, vise l’accès équitable à des soins de qualité, intégrés, continus et participatifs.
Cependant, Mambidi Koloboro note un écart préoccupant entre les ambitions affichées et les moyens réellement mobilisés.
Un budget encore loin des standards internationaux
Le projet de budget 2026 consacre environ 6,8 % des ressources nationales au secteur de la santé, loin des 15 % recommandés par la Déclaration d’Abuja.
Pour le député de Watsa, ce niveau de financement ne permet pas de garantir la CSU et laisse le pays face à des défis persistants :
délabrement des infrastructures sanitaires, surtout en milieu rural ;
pénurie de médicaments essentiels ;
manque d’équipements dans les hôpitaux ;
résurgence fréquente des épidémies ;
progression des maladies endémiques telles que le paludisme et la tuberculose ;
malnutrition infantile toujours préoccupante.
Il a souligné que plusieurs structures sanitaires du Haut-Uélé, notamment celles de Watsa, manquent cruellement d’appui de l’État. De nombreux hôpitaux fonctionnent sans équipements adéquats, et le personnel, souvent non mécanisé, travaille dans des conditions difficiles.
« Cette réalité met en péril la qualité des soins et la vie même de nos concitoyens », a-t-il alerté.
La vaccination, un pilier à sécuriser d’urgence
Le député a également insisté sur l’importance vitale du financement de la vaccination.
Il a exhorté le Gouvernement à signer avant mi-décembre 2025 la lettre de garantie relative au financement de la contrepartie nationale.
Sans cette signature, l’appui de GAVI pour la chaîne de froid 2026-2027 pourrait être suspendu, mettant en danger la couverture vaccinale du pays.
Dysfonctionnements criants dans les services spécialisés
Mambidi Koloboro a dénoncé le manque d’allocation budgétaire à plusieurs services pourtant essentiels :
INRB (Institut National de Recherche Biomédicale) ;
ACOREP (Autorité de Régulation Pharmaceutique) ;
INSP (Institut National de Santé Publique) ;
IGS (Inspection Générale de la Santé), qui ne perçoit ni frais de fonctionnement ni primes depuis plus de 7 ans.
Selon lui, l’absence de financement adéquat affaiblit considérablement l’efficacité du système sanitaire national.
Recommandations pour un redressement sanitaire durable
Parmi les solutions proposées par le député :
augmenter progressivement le budget de la santé vers les 15 % requis ;
poursuivre le cofinancement et l’achat des vaccins ;
réhabiliter et construire les hôpitaux provinciaux et centres de santé ruraux, notamment dans le cadre du programme des 145 territoires ;
assurer le paiement régulier des salaires, primes et frais de fonctionnement du personnel de santé ;
développer la production locale de médicaments essentiels ;
signer sans délai la lettre de contrepartie pour la vaccination.
« La santé n’est pas une dépense, mais un investissement »
En conclusion, Mambidi Koloboro a rappelé que l’investissement dans la santé constitue un levier fondamental du développement.
« Aucun pays ne peut bâtir son avenir sur un peuple malade », a-t-il martelé, appelant les décideurs à faire du budget 2026 un véritable instrument de redressement sanitaire et de dignité nationale.
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