La situation politique s’est tendue dans la province du Haut-Uele après le dépôt d’une motion de défiance initiée par quatre députés provinciaux visant le gouverneur Jean Bakomito Gambu.
Selon plusieurs sources, cette démarche découlerait d’une « faute grave » reprochée à l’exécutif provincial, poussant les élus à solliciter des explications conformément aux dispositions constitutionnelles sur la libre administration des provinces.
Cependant, le traitement normal de la motion a été interrompu. Le pouvoir central à Kinshasa est accusé d’avoir empêché la tenue de la plénière qui devait examiner le document, une intervention dénoncée comme contraire au principe de la libre administration provinciale. Cette ingérence présumée a ravivé les tensions dans un contexte politique déjà fragile.
Pour plusieurs observateurs dont Cyrille Ekolo, interrogé par visionactu.net le gouverneur Bakomito aurait atteint ses limites dans la gestion de la province. Ils évoquent notamment des allégations de détournements, de clientélisme, de manipulations et d’incitations, qui auraient progressivement érodé la confiance de la population et des institutions locales.
La tension a encore monté lorsque Kinshasa a semblé soutenir le maintien du gouverneur, malgré la position de l’Assemblée provinciale et d’une partie de la population locale. Cette attitude est perçue par certains comme une tentative d’imposer une gouvernance contestée, en contradiction avec la volonté des institutions provinciales. Plusieurs voix appellent au respect strict des lois et de la Constitution.
Face à l’impasse, les députés provinciaux proposent désormais une négociation directe entre l’exécutif provincial et l’Assemblée pour trouver une issue apaisée.
Mais pour Cyrille Ekolo, cette démarche demeure « très ambiguë », estimant que les élus doivent choisir clairement entre le respect du mécanisme parlementaire et des arrangements politiques susceptibles de contourner les procédures constitutionnelles.
Alors que l’avenir institutionnel du Haut-Uele reste incertain, des acteurs politiques et sociaux exhortent les autorités à laisser les institutions provinciales fonctionner de manière indépendante. Ils avertissent que toute nouvelle ingérence extérieure pourrait provoquer des conséquences difficiles à contenir dans les jours à venir, aggravant davantage la crise politique actuelle.
James Paluku

