
Dans un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant en territoire de Djugu, particulièrement dans la région de Bule, Deogratias Bungamuzi Kukwabo, Jeune Ambassadeur de la Paix et Président du Conseil Provincial de la Jeunesse de l’Ituri, tire la sonnette d’alarme.
Face aux récentes évolutions observées autour du site de déplacés de Savo, il appelle à la vigilance, à la responsabilité collective et à une action urgente des autorités compétentes.
Selon des sources sécuritaires, des éléments de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) utiliseraient des femmes, des enfants et des personnes âgées comme boucliers humains, en se dissimulant au sein même du camp de déplacés de Savo.
Une pratique qualifiée d’inhumaine et de grave violation du droit international humanitaire, exposant directement les populations civiles à des risques majeurs.
Plus préoccupant encore, certains leaders d’opinion, parfois instrumentalisés ou mal informés, appelleraient la population à se retourner contre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Un glissement dangereux, estime Deogratias Bungamuzi Kukwabo, qui rappelle que les FARDC demeurent la seule force légalement investie de la mission de défense de l’intégrité territoriale et de la population congolaise.
Le spectre du massacre de 2022 toujours présent
Dans ce climat de confusion, le risque d’un retour en force de la milice CODECO demeure réel. Le souvenir douloureux du massacre du 2 février 2022 à Savo, au cours duquel 63 civils innocents avaient été tués, reste encore vif dans la mémoire collective.
« Avons-nous besoin que le sang coule encore pour comprendre ? », s’interroge le président du Conseil Provincial de la Jeunesse de l’Ituri.
Des mesures urgentes pour prévenir une nouvelle tragédie
Pour éviter un nouveau drame, Deogratias Bungamuzi Kukwabo estime que plusieurs actions prioritaires doivent être engagées :
Renforcer la protection des sites de déplacés : la MONUSCO est appelée à faire respecter strictement son mandat et à veiller à ce qu’aucun groupe armé n’opère à proximité des zones civiles ;
Clarifier et renforcer la coordination des opérations FARDC-UPDF, afin d’éviter toute ambiguïté ou incompréhension susceptible de semer la peur au sein de la population ;
Contrer les manipulations et la désinformation : les citoyens doivent être sensibilisés pour ne pas tomber dans les stratégies de division utilisées par les groupes armés.
« Aucune rébellion n’a jamais apporté la paix en Ituri, et aucune ne le fera », martèle Bungamuzi Kukwabo, appelant les autorités politico-administratives, les leaders communautaires, la société civile et les partenaires internationaux à assumer pleinement leurs responsabilités.
Le Conseil Provincial de la Jeunesse de l’Ituri réaffirme, pour sa part, son engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la protection de la vie humaine. La stabilité du territoire de Djugu demeure, selon cette structure juvénile, un impératif non négociable.
Rédaction

