Depuis Ngote, Me Mokili Mungunuti David, Sentinelle de la République affectueusement appelé Uturo Gang’ s’adresse aux Congolais en général, et aux Ituriens en particulier, pour dénoncer ce qu’il qualifie d’hypocrisie politique persistante de certains anciens chefs rebelles impliqués hier et aujourd’hui dans l’insécurité à l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans cette tribune à forte charge morale et politique, l’auteur interpelle directement les anciens seigneurs de guerre, notamment ceux qui, après avoir pris les armes au sein de divers mouvements rebelles, aspirent désormais à occuper des fonctions politiques à Kinshasa ou au niveau provincial, tout en se présentant comme des artisans de paix.

Une responsabilité historique dans l’insécurité actuelle

Selon Me Mokili, l’insécurité chronique qui sévit en Ituri et dans l’Est du pays est en grande partie le corollaire des choix opérés par certains leaders politiques et militaires qui ont volontairement rejoint ou créé des mouvements insurrectionnels tels que le M23, la CODECO, la CRP, ZAÏRE, MAPI, ou encore l’UPC.

Il estime que ces acteurs, aujourd’hui prompts à critiquer l’action du gouvernement central et celle du gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya, manquent de légitimité morale, étant donné leur implication passée — et parfois présente — dans les violences armées, les massacres et les violations graves des droits humains, notamment les violences sexuelles contre les femmes et les jeunes filles.

Un message clair aux anciens chefs rebelles

Dans son adresse, Me Mokili s’en prend particulièrement à l’attitude de certains ex-chefs rebelles qui, après des séjours à l’étranger, notamment à Kampala, reviennent périodiquement sur la scène publique comme donneurs de leçons, alors que, selon lui, les populations ituriennes ont fini par considérer ces démarches comme de simples trêves stratégiques avant un éventuel retour aux armes.

Il rappelle que le contexte de 1999 n’est plus celui d’aujourd’hui, et que les Congolais, notamment les Ituriens, ne sont plus disposés à accepter que la violence armée serve de raccourci vers des postes politiques ou administratifs.

L’exemple Roger Lumbala : un précédent judiciaire

Me Mokili évoque le cas de Roger Lumbala, ancien chef rebelle devenu ministre puis député national, aujourd’hui poursuivi par la justice. Pour lui, ce dossier démontre clairement que l’accession aux fonctions politiques ne garantit en rien l’impunité, et que les crimes commis dans le cadre des rébellions finissent tôt ou tard par rattraper leurs auteurs.

Il estime que cet exemple devrait servir d’avertissement à d’autres figures de l’insurrection armée, dont Thomas Lubanga, afin qu’elles comprennent que ni la reconversion politique ni le temps ne peuvent effacer les responsabilités pénales et historiques.

Appel à une réforme législative forte

Dans une proposition radicale, Me Mokili appelle l’Assemblée nationale et le Sénat à voter en urgence une loi interdisant l’éligibilité et l’accès aux fonctions politico-administratives à toute personne ayant participé à un mouvement insurrectionnel, même en tant que simple membre.

Pour lui, cette réforme est indispensable afin de mettre fin à la culture de la rébellion comme tremplin politique, un phénomène qu’il considère comme l’un des facteurs structurels de l’instabilité persistante en RDC.

Une interpellation morale et nationale

En conclusion, l’auteur rappelle que la République fonctionne selon le principe universel des causes et des effets, et que chaque citoyen devra répondre, devant l’histoire, la justice humaine ou divine, des choix qu’il a posés hier, aujourd’hui et demain.

Il exhorte enfin les groupes armés encore actifs en Ituri à abandonner définitivement les armes, à cesser les tueries, et à choisir la voie de la paix véritable, soulignant que nul crime ne restera impuni.

Rédaction

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