L’état de siège instauré en province de l’Ituri a montré ses limites. C’est la position exprimée par Aneco Beby, coordonnateur de l’organisation de défense des droits de l’homme « Justice et Dignité pour Tous », qui appelle ouvertement le Chef de l’État à envisager sa levée.
S’exprimant dans le territoire de Djugu, cet acteur de la société civile estime que, malgré les efforts fournis par les autorités militaires et policières, tant sur le terrain qu’auprès des instances nationales à Kinshasa, la situation sécuritaire demeure préoccupante et nécessite une nouvelle approche.
« L’état de siège a fait sa part. Même à Kinshasa, auprès du Chef de l’État, nous plaidons pour la levée de l’état de siège », a-t-il déclaré.
Rejet des amalgames et des accusations
Aneco Beby dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie d’amalgames visant certaines populations locales, accusées à tort d’appartenir à des mouvements rebelles.
« Ce qu’ils disent que tout le monde est CRP, nous ne sommes pas là-bas et nous n’allons pas rejoindre la CRP. Qu’on ne nous force pas non plus à y adhérer », a-t-il insisté.
Selon lui, ces accusations généralisées risquent d’aggraver les tensions et de fragiliser davantage la cohésion sociale dans une province déjà éprouvée par des années de conflits armés.
Appel au dialogue et à la négociation
Évoquant l’arrestation de Meta Wani Michel, Aneco Beby appelle les autorités en charge de l’état de siège à privilégier la voie du dialogue, rappelant que des négociations ont déjà été engagées par le passé avec plusieurs groupes armés.
« Comme cela a été fait avec les CODECO, les MAPI, Zaïre et le FPIC, pourquoi ne pas négocier aussi avec la CRP de Thomas Lubanga, qui était membre de l’Union sacrée ? Ce sont des frères », s’interroge-t-il.
Soutien aux institutions de la République
Malgré ses critiques, le coordonnateur de « Justice et Dignité pour Tous » réaffirme son attachement aux institutions de la République et son soutien aux forces de défense et de sécurité.
« Nous soutenons l’État congolais. Nous avons une seule armée et une seule police. Nous soutenons nos FARDC », a-t-il conclu.
Cet appel intervient dans un contexte où plusieurs voix de la société civile iturienne s’élèvent pour réclamer une réévaluation de l’état de siège et l’adoption de mécanismes durables de pacification fondés sur le dialogue, la justice et la réconciliation.
José Pierre Mukenda

