La province de l’Ituri traverse une nouvelle séquence de turbulences politiques après l’éviction de l’Honorable Christine Feza de la présidence du Conseil d’administration de la SOKIMO. Cette décision intervient dans un contexte déjà fragilisé par le départ récent de l’Honorable Samy Adubango du Gouvernement central.

Ces deux événements successifs ravivent le débat sur la présence, la durabilité et le poids politique des Ituriens au sein des institutions, entreprises et services publics stratégiques basés à Kinshasa.

Une réaction politique sans détour

Dans une sortie médiatique largement relayée, l’avocat et analyste politique Mokili Mungunuti David, surnommé « la Sentinelle de la République », dénonce ce qu’il considère comme une marginalisation progressive et organisée de l’Ituri sur la scène nationale car, selon les observateurs, Hon Christine Feza à la Sokimo était stratégique et Samy Adubang’o est actuellement un Leader et personnalité politique majeur de l’Ituri qu’on ne peut pas traiter comme les apprentis du moment.

« L’Ituri apparaît aujourd’hui comme une province que l’on peut sacrifier sans coût politique. Les rares Ituriens nommés le sont par circonstance, jamais par vision ni par engagement stratégique », affirme-t-il.

Selon Me Mokili, l’éviction de Christine Feza, après le départ de Samy Adubango, constitue un signal fort envoyé à la province : celui d’une faible considération institutionnelle.

Un déséquilibre jugé préoccupant

L’analyste s’indigne également du déséquilibre observé dans la représentation gouvernementale entre les provinces, évoquant notamment le cas du Nord-Kivu.

« Il est politiquement et constitutionnellement troublant de constater qu’une province puisse aligner plusieurs ministres pendant que l’Ituri peine à conserver une seule voix au sommet de l’État », martèle-t-il.

Pour Me Mokili, cette situation nourrit un sentiment de frustration, de discrimination et d’abandon au sein d’une population déjà confrontée à une insécurité persistante et à une précarité économique chronique.

La SOKIMO, un symbole au cœur des tensions

Acteur majeur du secteur minier, la SOKIMO représente bien plus qu’une entreprise publique pour l’Ituri : elle est un levier économique stratégique et un symbole fort de la participation provinciale à la gestion des ressources naturelles.

« Modifier la direction de la SOKIMO sans garantir une représentation iturienne, c’est envoyer un message négatif à toute une province qui vit directement de l’activité minière », estime Me Mokili.

Un appel direct au Chef de l’État

Face à cette situation, Me Mokili appelle le Président de la République à reconsidérer la place de l’Ituri dans la gouvernance nationale et à retirer la province de ce qu’il qualifie de «provinces accessoires et politiquement maitrisables ».

« L’Ituri n’est ni une province secondaire ni une variable d’ajustement politique. Elle mérite une représentation équitable et respectueuse de son poids humain, économique et stratégique », conclut-il.

Entre attente et vigilance

Alors que les réactions continuent d’affluer, l’opinion publique iturienne attend désormais des clarifications officielles sur les motivations réelles de ces décisions et leurs implications à long terme et surtout que Félix Tshisekedi étudie le plus vite la possibilité de leur mis en service de nouveau dès aujourd’hui, estiment les observateurs.

Dans un contexte sécuritaire et institutionnel fragile, la question de la stabilité politique et de la reconnaissance de l’Ituri au niveau national demeure plus que jamais d’actualité.

Isaya Hill

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