
La coordination provinciale de la Société civile du Congo (SOCICO) en Ituri tire la sonnette d’alarme et appelle le gouvernement congolais à mettre fin à l’accord de mutualisation des forces entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise, l’Uganda People’s Defence Force (UPDF).
Dans une déclaration rendue publique, cette structure citoyenne estime que cet accord, censé renforcer la sécurité dans la province de l’Ituri, n’a pas produit les résultats attendus sur le terrain. Au contraire, la SOCICO affirme avoir enregistré plusieurs cas de dérapages ainsi qu’une absence d’implication visible de l’armée ougandaise dans les opérations militaires aux côtés des FARDC.
Selon la coordination provinciale de la SOCICO, l’armée congolaise dispose des capacités nécessaires pour assurer la défense de l’intégrité territoriale du pays. Elle rappelle que les FARDC figurent parmi les armées reconnues pour leurs performances en Afrique et qu’elles mènent déjà des opérations permanentes dans plusieurs zones de la province.
« Avec ou sans l’UPDF, les FARDC se battent jour et nuit pour sécuriser la population. Elles sont déployées sur l’ensemble du territoire provincial et obtiennent des résultats encourageants dans la lutte contre les groupes armés », souligne Mr Samuel ukethi ala rédaction de vision actu.net.
La SOCICO affirme également n’avoir constaté aucune participation visible des troupes ougandaises dans les combats menés aux côtés de l’armée congolaise. Elle indique préférer la poursuite de la collaboration entre les FARDC et la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), notamment dans les domaines de l’appui logistique et de l’évacuation des blessés.
Par ailleurs, la société civile dénonce ce qu’elle qualifie d’exactions commises par certains éléments de l’UPDF dans les territoires d’Irumu et de Mambasa. Elle accuse ces derniers de restreindre l’accès des agriculteurs à leurs champs sous prétexte de mesures sécuritaires, tout en récoltant et en transportant vers l’Ouganda des produits agricoles, notamment le cacao.
Face à cette situation, la coordination provinciale de la SOCICO affirme détenir des preuves de ces pratiques et estime que la présence de l’armée ougandaise dans la province répondrait à d’autres intérêts que la sécurité.
En conclusion, la société civile accorde un délai de deux semaines au gouvernement congolais pour obtenir le retrait effectif des troupes ougandaises du territoire congolais. À défaut, elle annonce son intention d’initier des actions civiles qu’elle qualifie de « responsables » afin de défendre les intérêts de la province et du pays.
Ugen rwoth Salomon

