À Lubumbashi, des déplacés de guerre venus de l’Est de la République démocratique du Congo ont décidé d’exprimer publiquement leur détresse. Après plus d’une année d’attente sans réponse concrète à leurs multiples démarches, ils ont organisé, mercredi 11 mars 2026, un sit-in devant le siège de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga afin d’alerter les autorités sur leurs conditions de vie.

Au total, plus de 80 ménages, soit environ 150 personnes parmi lesquelles plusieurs enfants, ont participé à cette action pacifique. Ces familles affirment vouloir attirer l’attention des décideurs politiques et des organisations humanitaires sur la dégradation progressive de leur situation depuis leur arrivée dans la capitale cuprifère.

Installés dans le quartier Luwowoshi, situé dans la commune annexe de Lubumbashi, ces déplacés disent vivre dans une précarité extrême. Ils évoquent un manque criant de nourriture, d’eau potable et de soins médicaux. À cela s’ajoute la situation préoccupante des enfants, dont plusieurs ne fréquentent plus l’école faute de moyens et d’encadrement.

Les récentes pluies enregistrées dans la ville ont encore aggravé leurs difficultés. Dans la nuit du mardi 10 mars, certaines habitations mises à leur disposition par des particuliers ont été partiellement détruites par les intempéries. Plusieurs familles se sont ainsi retrouvées sans abri, contraintes de passer la nuit à l’extérieur.

Représentant des déplacés, Paul Byamungu Izungu explique que ces familles vivent dans l’abandon depuis leur arrivée à Lubumbashi. Selon lui, malgré de nombreux appels lancés aux autorités locales et aux organisations d’aide humanitaire, aucune assistance concrète n’a été accordée jusqu’à présent.

« Nous sommes ici depuis plus d’une année sans soutien social. Parfois nous passons la nuit sans manger et certains dorment à la belle étoile. Nos enfants tombent souvent malades et n’ont plus accès à l’école. Cette situation devient très préoccupante », déplore-t-il.

Parmi les manifestants figure également Espérance Rizidi, mère de famille ayant fui l’insécurité dans l’Est du pays. Elle raconte avoir quitté Goma dans l’espoir de trouver la paix et de meilleures conditions de vie, mais affirme que la réalité qu’elle vit aujourd’hui reste particulièrement difficile.

« Nous pensions trouver la tranquillité au Katanga, mais notre souffrance continue. Les enfants ne vont plus à l’école, la nourriture manque et plusieurs familles n’ont même pas de logement stable. Certaines personnes dorment dans des églises », témoigne-t-elle.

De son côté, Marie Mapenzi, une femme âgée d’une soixantaine d’années, revient sur un incident survenu la veille lorsqu’un mur d’habitation s’est effondré. Selon elle, trois enfants ont échappé de peu à la mort lors de cet accident. Pour subvenir à ses besoins, elle explique survivre grâce à de petits travaux de lessive chez des particuliers, une activité informelle pratiquée par de nombreuses femmes de la ville.

Face à cette situation jugée alarmante, ces déplacés lancent un nouvel appel aux autorités provinciales ainsi qu’aux organisations humanitaires afin qu’une assistance urgente leur soit accordée. Selon leurs témoignages, plus de quarante enfants issus de ces familles restent actuellement privés d’accès à l’éducation.

César Marcelo depuis Lubumbashi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *