Au nom de la communauté de Mangbutu, l’heure est à la vérité et à la mobilisation civique. Le Secteur de Mangbutu, jadis reconnu pour sa stabilité coutumière et son respect scrupuleux des autorités traditionnelles, traverse aujourd’hui une crise institutionnelle et sécuritaire d’une gravité sans précédent.

Cette dégradation alarmante résulte directement d’une gestion calamiteuse et d’une incompétence notoire imputées à l’actuel Chef de Secteur, Monsieur Amuta Maramudhi Augustin. C’est ce que l’on peut lire dans le mémo que cette association locale a récemment adressé aux plus hautes autorités de la République Démocratique du Congo, depuis Son Excellence Monsieur le Président de la République jusqu’au Gouverneur de la Province du Haut-Uélé.

Sur un ton accablant et solennel, la note poursuit : « Ce n’est pas un simple cri d’alarme, mais un réquisitoire étayé contre des agissements qui menacent la cohésion sociale et l’intégrité de notre entité ancestrale ».

Selon les auteurs de ce mémorandum, les faits sont d’une clarté déconcertante. Après que leurs multiples correspondances dénonçant les « comportements irresponsables » de Monsieur Amuta Maramudhi Augustin sont restées sans réponse, ce dernier aurait franchi un seuil inacceptable dans l’exercice de ses fonctions. Le 7 novembre 2025, à Dubele, chef-lieu du Secteur, il a orchestré une répression violente.

Le recours à une troupe de jeunes, identifiés comme des miliciens FARUESTE, pour perturber une simple réunion de restitution des notables, et pour agresser physiquement des Sages de Mangbutu, le Chef de Localité de Dubele, ainsi que des autorités provinciales et nationales en mission, constitue un acte de sédition et une humiliation publique de l’autorité de l’État.

Les jets de pierres, les blessures infligées à une citoyenne, et le barrage dressé contre Son Excellence Monsieur le Ministre Afounde Afongenda Sumbu, sont autant de preuves irréfutables d’une dérive autocratique. Le Secteur est désormais traité comme une « propriété privée » au service d’intérêts égoïstes, au détriment du développement communautaire.

Face à l’effusion du sang de leurs frères et sœurs, face à la torture infligée à leurs pères et sages, et face aux tirs subis par la communauté mobilisée, le peuple de Mangbutu lance un message sans équivoque : « Non, non, non, à Monsieur Amuta Maramudhi Augustin à la tête de notre Secteur. »

Leur revendication est claire et non négociable. Pour rétablir la paix, l’ordre et la confiance dans les institutions locales, ils exigent des autorités compétentes une action immédiate et résolue :

  • Le départ immédiat et sans condition de Monsieur Amuta Maramudhi Augustin, car son maintien est la cause directe des turbulences et de la violence.
  • L’implication personnelle de Son Excellence Monsieur le Gouverneur, ce dossier menaçant l’unité et la cohésion sociale du Territoire de Watsa.
  • L’envoi urgent d’une commission d’enquête approfondie, afin de faire toute la lumière sur les faits et d’établir les responsabilités.
  • Le blocage du compte de la redevance minière du Secteur Mangbutu, mesure conservatoire pour prévenir toute dilapidation du patrimoine communautaire.

Que la justice soit faite. Seule la sanction des coupables garantira la paix et le respect de l’État de droit. Il est de la responsabilité de l’État de veiller à ce que l’histoire de la division et des conflits, telle que vécue par les communautés AKUWA et SAMBIA, ne se reproduise pas dans notre chère entité.

Le mémoire se clôt sur un ton empreint d’exaspération mais aussi d’espoir : « Nous en avons assez, et trop c’est trop. Nous réitérons notre attachement patriotique et notre confiance en la capacité des autorités à prendre les mesures qui s’imposent, afin que l’ordre et la justice soient promptement rétablis. Le salut de Mangbutu en dépend. »

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