Le climat politique se tend davantage dans la province du Haut-Uele. Ce lundi 16 décembre, au cours d’une conférence de presse, Caleb Bodio, communicateur influent du gouverneur Jean Bakomito Gambu, est monté au créneau pour répondre aux récentes déclarations de l’honorable Bismick Boele. Il a qualifié la sortie médiatique de ce dernier de « ratée » et révélatrice d’une « perte de vitesse politique », tout en prenant la défense du gouverneur face aux critiques liées au récent discours du Chef de l’État devant le Congrès.
La controverse est née à la suite de l’adresse du Président Félix Tshisekedi devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Le député Bismick Boele Losomia avait déploré l’absence de mention des infrastructures routières du Haut-Uele dans ce discours. Selon l’élu, ce silence traduirait une « gestion cosmétique » de la province par l’actuel exécutif provincial.
En réplique, Caleb Bodio a rejeté en bloc ces accusations, mettant en doute la sincérité des missions de contrôle effectuées par certains députés provinciaux, dont Bismick Boele faisait partie. Pour lui, les avancées enregistrées dans les projets routiers initiés sous le gouvernorat de Jean Bakomito sont visibles et palpables, et ne sauraient être éclipsées par des discours politiciens.
« Lorsqu’un élu affirme que la route Wamba–Dungu est impraticable, de quoi parle-t-il exactement ? L’honorable Bismick fait partie des députés qui avaient effectué une mission d’itinérance pour évaluer l’état des infrastructures routières à travers la province. Il est donc ridicule de tenir un double discours simplement parce qu’on se trouve à Kinshasa », s’est étonné Caleb Bodio.
Le communicateur du gouverneur est également revenu sur l’épisode de la motion de défiance contre Jean Bakomito, évoquant ce qu’il qualifie de têtuté politique de l’élu de Watsa. Il affirme que la base électorale ainsi que les chefs des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) avaient exigé le retrait de la signature de Bismick Boele, en vain.
« L’honorable Bismick n’a aujourd’hui aucune véritable base électorale à Watsa. Il ferait mieux de travailler à la consolidation de ses assises politiques en vue des prochaines échéances, plutôt que de se laisser instrumentaliser par Monsieur Motugbu. Nous le considérions comme un intellectuel de Watsa, mais il s’est écarté de cette image en ignorant même l’appel des chefs des ETD, des mamans et d’autres électeurs qui lui demandaient de retirer sa signature », a martelé Caleb Bodio.
Par ailleurs, il a explicitement dénoncé ce qu’il considère comme une manipulation orchestrée par le député Madilu, candidat malheureux à la dernière élection des gouverneurs. Il parle d’un « colloque des élus du branamisme », une coalition qui, selon lui, aurait pour seul objectif de s’opposer systématiquement aux actions du gouverneur Jean Bakomito Gambu, au détriment de l’intérêt général de la province.
En conclusion, Caleb Bodio s’est appuyé sur les propos du Chef de l’État tenus devant le Congrès : « Le Président de la République l’a clairement dit : les ténèbres ne régneront plus sur la lumière. Dans notre province, cela signifie que les députés provinciaux ne doivent plus se comporter comme des dieux ou des lions face à l’exécutif. Le temps de l’intimidation est révolu. Les deux institutions doivent désormais travailler en parfaite harmonie pour l’intérêt supérieur du Haut-Uele », a-t-il conclu.
Rappelons que, lors de sa récente sortie médiatique, le député provincial Bismick Boele avait déploré l’absence de toute mention des routes de la province du Haut-Uele dans le tour d’horizon du discours du Chef de l’État devant le Congrès. Pour l’élu, ce silence traduirait une « gestion cosmétique » du gouverneur Jean Bakomito Gambu, estimant que ce dernier a pourtant bénéficié d’un budget conséquent destiné au désenclavement de la province par les voies routières.
Isaac Awoya

