
À Mungbere, dans la sous-division de Watsa 2 (province éducationnelle Haut-Uele 2), les écoles sont à l’arrêt. Les élèves finalistes du primaire, du secondaire et de la 8ᵉ année de l’éducation de base ont dû fuir les atrocités des rebelles de l’ADF. Dans le territoire de Watsa, situé au nord-est de la RDC, les attaques répétées ont semé la panique alors que les épreuves certificatives approchent à grands pas.
Actuellement, ces élèves sont accueillis dans des conditions précaires à Gombari, Wanga, Goria, Giro, Moku, Ngangazo, Beverendi, Dubélé, Watsa et Durba. Arrachés à leurs établissements d’origine, ils manquent de manuels ainsi que d’encadrement, et redoutent de perdre une année scolaire décisive. Le temps presse pour organiser leur prise en charge avant le début des examens.
« Il serait injuste qu’ils subissent la violence des ADF puis l’échec scolaire. »
Dans une interview exclusive accordée à VisionActu.net, le notable Papy Mude interpelle le gouvernement provincial du Haut-Uele et les autorités scolaires locales. Il recommande de recenser sans délai tous les enfants déplacés et de les autoriser à passer les épreuves dans leurs milieux d’accueil respectifs.
Pour sauver l’année, Papy Mude propose des mesures concrètes :
Créer des centres d’examen provisoires dans chaque localité d’accueil ;Transmettre rapidement les listes aux pools d’inspection ;
Impliquer les chefs d’établissements locaux pour faciliter l’intégration des élèves.
Ces actions permettraient de garantir le droit à l’éducation et d’offrir une chance équitable à tous les finalistes, malgré ce contexte de crise.
Le notable salue par ailleurs la détermination des FARDC dans la traque des rebelles ADF et les efforts déployés pour sécuriser la zone. Il condamne cependant avec la dernière énergie l’acte de barbarie des présumés djihadistes ADF, qui ont récemment incendié un camion à sept kilomètres de Mungbere, sur l’axe Mungbere-Diforo. Pour lui, seule une réponse sécuritaire ferme, associée à une solidarité scolaire exemplaire, pourra redonner espoir à la population.
Dudu Joseph

