Watsa, 5 juillet 2026 – La Synergie des sociétés civiles du territoire de Watsa hausse le ton face aux récentes accusations la visant. Au cours d’un point de presse tenu ce dimanche, ses coordonnateurs, Joseph Kelema et Christophe Djuna, ont réagi aux déclarations attribuées à Caleb Bodio, présenté comme communicateur privé du gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu.
Les deux responsables dénoncent des propos qu’ils qualifient de « diffamatoires et discourtois », après avoir été accusés d’entretenir des liens avec les rebelles du M23. Ils rejettent catégoriquement ces allégations, qu’ils jugent dénuées de tout fondement.
« Nous ne répondons pas à Caleb Bodio, mais au gouverneur Jean Bakomito, dont il se réclame comme communicateur. Si quelqu’un détient des preuves d’une quelconque connivence entre la société civile de Watsa et le M23, qu’il les présente à l’opinion publique ainsi qu’aux juridictions compétentes », ont déclaré Joseph Kelema et Christophe Djuna.
Les coordonnateurs estiment que ces accusations s’inscrivent dans une logique de discrédit systématique des acteurs de la société civile. Selon eux, dans le Haut-Uélé, toute personne qui dénonce les insuffisances en matière de gouvernance est rapidement assimilée à un opposant politique ou accusée de collusion avec des groupes armés.
Ils soutiennent que Caleb Bodio aurait dû se limiter à défendre le bilan du gouverneur plutôt que de porter des accusations contre les organisations citoyennes.
La Synergie des sociétés civiles rappelle également plusieurs promesses qu’elle considère comme non réalisées, notamment l’électrification de Kokiza, la réhabilitation de l’aéroport de Dusu ainsi que d’autres projets annoncés, mais qui, selon elle, sont restés sans suite.
Les coordonnateurs se sont aussi exprimés sur la gestion des fonds publics destinés au développement de la province. Ils évoquent une enveloppe de 17 millions de dollars américains qui, selon eux, aurait été allouée par le gouvernement central pour l’asphaltage de la ville d’Isiro. Ils affirment ne pas constater les résultats attendus et réclament davantage de transparence dans la gestion de ces ressources.
S’agissant des infrastructures routières, ils soutiennent que plusieurs ponts régulièrement présentés comme des réalisations de l’actuelle administration provinciale avaient, selon eux, été financés par le gouvernement central avant l’arrivée de Jean Bakomito Gambu à la tête de la province.
Tout en réaffirmant leur respect envers les institutions de la République, Joseph Kelema et Christophe Djuna assurent qu’ils ne céderont ni à la peur ni aux intimidations. Ils rappellent que leur mission consiste à défendre l’intérêt général de la population et à interpeller les autorités chaque fois que cela s’avère nécessaire.
Prenant personnellement la parole, Joseph Kelema a déclaré se réjouir de voir, selon ses propres termes, « les masques commencer à tomber ». Il a invité le gouverneur à privilégier un règlement interne de cette situation, tout en l’avertissant qu’il pourrait faire face à des conséquences politiques et juridiques si les tensions venaient à s’aggraver.
Enfin, les deux coordonnateurs disent prendre à témoin la communauté nationale et internationale. Ils affirment que si un incident devait leur arriver en raison de leurs prises de position, ils en tiendraient les autorités provinciales pour responsables.
En conclusion, la Synergie des sociétés civiles de Watsa réaffirme que son engagement demeure exclusivement orienté vers la défense de l’intérêt général, la promotion de la bonne gouvernance et le développement du territoire de Watsa.
Héritier MOGA

