Les habitants affectés par le projet minier Giro Goldfields redoutent de revivre le scénario de 2017. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de manœuvres orchestrées par le gouvernement provincial du Haut-Uele. De son côté, la société Giro affirme être prête à déclencher le processus de délocalisation, mais dit attendre la signature de deux arrêtés du gouverneur de province : le premier portant sur l’indemnisation et le second sur la relocalisation.

La population locale manifeste son impatience face à ce retard. Pourtant, l’administrateur du territoire de Watsa, Dieudonné Magayi Missa, avait officiellement annoncé au mois d’avril dernier, lors d’un meeting populaire, que le début de l’indemnisation interviendrait le 3 juillet de l’année en cours. Cette date avait été choisie, selon lui, pour permettre aux élèves de terminer l’année scolaire en cours à Giro Carrière.
Les sinistrés expriment leur désarroi face à cette situation :

« Nous exhortons le gouverneur de province à agir rapidement. Nous souffrons depuis plusieurs années de ce scénario avec Giro, et plusieurs de nos compatriotes y ont déjà perdu la vie. Aujourd’hui, la situation bloque au niveau de ceux qui devraient nous aider à sortir de cette souffrance. Nous sommes prêts à libérer l’espace et nous demandons au gouverneur de tenir la promesse faite lors de sa dernière itinérance à Giro. La date du 3 est passée et aucune assurance ne nous a été donnée. Nous leur accordons un délai jusqu’au 20 juillet, faute de quoi nous recommencerons à exercer nos activités dans les sites interdits. »

Faute d’une issue favorable d’ici le 20 juillet, les habitants préviennent qu’ils reprendront les activités d’orpaillage artisanal dans les concessions interdites afin de subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Pour sa part, le coordonnateur de la commission de relocalisation de Giro, Emmanuel Mbolihigie, appelle la population au calme. Il réitère que l’entreprise n’attend plus que les deux arrêtés du gouverneur pour lancer officiellement les procédures. Pendant ce temps, dans les rues de Giro, la tension reste palpable et les avis divergent : si certains redoutent un énième blocage similaire à celui de 2017, d’autres espèrent encore voir ce processus aboutir.

Rédaction

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