La Société civile du Congo dénonce la multiplication des barrières et les tracasseries auxquelles seraient confrontées les populations du territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele. Elle estime que cette situation contraste avec celle observée dans plusieurs territoires voisins.

Dans un entretien accordé ce dimanche 16 août 2026, Joseph Kelema, coordonnateur territorial de la Société civile du Congo à Watsa, affirme avoir constaté cette différence à l’issue de plusieurs déplacements effectués récemment dans les territoires de Faradje, Dungu, Niangara, Wamba et Rungu.

Selon lui, certaines routes de la province sont dépourvues de barrières sur de longues distances. Il cite notamment l’axe Isiro-Wamba, où, dit-il, les usagers peuvent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en traversant différentes chefferies sans rencontrer de barrières. Une situation qu’il oppose à celle de Watsa, où il dénonce la présence de plusieurs barrières et de cordes tendues sur certaines routes.

Joseph Kelema s’interroge dès lors sur l’efficacité de ces dispositifs : « Pourquoi y a-t-il autant de barrières à Watsa alors que l’insécurité continue d’y être signalée ? », s’interroge-t-il, rappelant que Watsa constitue, selon lui, l’un des principaux poumons économiques du Haut-Uele.

Le coordonnateur territorial de la Société civile du Congo s’inquiète également de la situation humanitaire des déplacés de guerre, notamment ceux de Mungbere, Suka na Mboka et d’autres zones affectées par les conflits.

Il affirme que plusieurs familles déplacées dans le territoire de Watsa n’auraient pas bénéficié d’une assistance du gouvernement provincial depuis près de trois mois. Joseph Kelema regrette notamment que les interventions des autorités provinciales, à travers le ministère des Affaires sociales, aient davantage concerné les déplacés de Betongbe, alors que ceux de Watsa resteraient, selon lui, largement dépourvus d’aide publique.

Il appelle ainsi le ministre provincial des Affaires sociales à donner suite à sa précédente promesse d’assister également les déplacés du territoire de Watsa. Il reconnaît toutefois l’intervention de certaines ONG et de fondations privées qui, selon lui, continuent d’apporter un soutien aux populations vulnérables.

Joseph Kelema dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de « deux poids, deux mesures » dans la prise en compte des préoccupations des populations du Haut-Uele. Il estime que certaines autorités politiques seraient davantage sensibles aux revendications provenant de certains territoires qu’à celles de Watsa.

Il appelle les députés provinciaux et nationaux élus de la région à jouer pleinement leur rôle de représentants de la population et à défendre les intérêts de leurs électeurs auprès des autorités compétentes.

Au terme de ses déplacements dans plusieurs territoires du Haut-Uele, le responsable de la Société civile dit avoir constaté des disparités dans le traitement des populations et dans la réalisation des projets de développement. Il déplore notamment, selon ses observations, le retard enregistré à Watsa en matière d’infrastructures et de projets communautaires, alors que d’autres territoires bénéficieraient de nouvelles initiatives.

Joseph Kelema plaide ainsi pour un traitement équitable de tous les territoires de la province, tant sur le plan sécuritaire, humanitaire que sur celui du développement.

Héritier MOGA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *