Haut-Uele, territoire de Watsa ,Dans la chefferie de Mari-Minza, groupement Bugutali, le montant proposé par la société Giro Goldfields SARL pour compenser les habitations en matériaux précaires dans le cadre du processus de délocalisation à Giro suscite déjà des interrogations au sein de la communauté affectée.

Habitant de Giro, dans la chefferie de Mari-Minza, Bopole Fataki conteste le montant de 3 500 dollars américains avancé pour la compensation de certaines maisons.Pour lui, cette somme est loin de refléter la réalité du coût de reconstruction d’un logement permettant à une famille déplacée de retrouver des conditions de vie dignes.

« Quelle maison peut-on construire avec seulement 3 500 dollars ? »
Cette interrogation résume, selon lui, l’inquiétude d’une partie de la population appelée à quitter ses habitations dans le cadre du projet minier.

Selon lui, la méthode d’évaluation des biens devant servir de base aux indemnisations. Il craint que des compensations jugées insuffisantes ne fragilisent davantage les ménages concernés et ne conduisent progressivement à la disparition de Giro comme communauté, au lieu de garantir une véritable réinstallation.

Pour cet habitant, la population locale ne devrait pas être considérée uniquement comme une population à déplacer. Elle participe à la vie économique et administrative du pays, notamment à travers le paiement des taxes et impôts, et doit, selon lui, bénéficier d’une prise en compte équitable de ses biens, de ses intérêts et de ses droits dans le processus de délocalisation.

Face aux préoccupations exprimées sur le terrain, Bopole Fataki en appelle directement au gouvernement central et aux autorités provinciales du Haut-Uélé. Il leur demande de regarder de près le mode de calcul des compensations et de veiller à ce que les indemnisations correspondent réellement à la valeur des biens perdus et aux besoins des familles concernées.

Son message est clair : délocaliser une population ne signifie pas simplement lui verser une somme d’argent et lui demander de partir. Il s’agit de reconstruire des vies, de préserver la dignité des familles et de garantir l’avenir d’une communauté.
Il plaide ainsi pour l’ouverture rapide d’un dialogue véritablement inclusif entre Giro Goldfields SARL, les autorités et les personnes affectées, afin de parvenir à une solution consensuelle, transparente et conforme aux droits des populations concernées.

À Giro, la question n’est donc plus seulement de savoir combien vaut une maison. Elle pose désormais une question plus fondamentale : combien vaut la dignité d’une famille appelée à quitter sa terre et son habitation ?

Rédaction

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