La tension monte autour de la résiliation du contrat liant la société de gardiennage Omega Security au Centre Hospitalier de Kibali (CHK), situé dans le territoire de Watsa, en province du Haut-Uele.
Dans une déclaration rendue publique ce mardi 26 mai 2026, la synergie des sociétés civiles du territoire de Watsa a vivement dénoncé ce qu’elle qualifie de « manipulation politique provinciale », orchestrée, selon elle, par certaines autorités de la province.
Cette position a notamment été exprimée par Djuna, coordonnateur de la Société Civile du Peuple Congolais, ainsi que par Joseph Kelema, coordonnateur territorial de la Société Civile du Congo et porte-parole circonstanciel de cette sortie médiatique.
Au cours de leur intervention, les acteurs de la société civile ont contesté les motifs avancés par les responsables du Centre Hospitalier de Kibali pour justifier la rupture du contrat avec Omega Security, une entreprise locale chargée du gardiennage de cette structure sanitaire.
Selon eux, les dépenses engagées pour l’achat des matériaux destinés aux travaux de construction ou de réhabilitation de l’hôpital ne sauraient justifier l’arrêt du partenariat avec cette société de sécurité.
« Comment un hôpital peut-il déclarer être dans l’incapacité de maintenir un service de gardiennage essentiel sous prétexte des achats de matériaux de construction ? », s’est interrogé Joseph Kelema.
Pour les membres de cette synergie citoyenne, ces arguments paraissent « non fondés et peu convaincants ». Ils estiment qu’il existerait plutôt des motivations politiques cachées derrière cette décision administrative.
Les activistes rappellent également que le gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, avait lui-même signé un moratoire lié à la délocalisation de cette structure sanitaire. Une situation qui, selon eux, soulève davantage de zones d’ombre autour des raisons évoquées pour mettre fin au contrat d’Omega Security.
D’après les responsables de la société civile, cette résiliation cacherait un « projet politique prémédité » visant à favoriser une nouvelle société de gardiennage qui ne disposerait pas encore d’une expérience suffisante dans le domaine sécuritaire.
Ils affirment que cette nouvelle entreprise entretiendrait des liens avec certains acteurs politiques proches du parti ARDC, formation politique associée au gouverneur provincial.
Fustigeant cette manière de procéder, les activistes dénoncent ce qu’ils considèrent comme « un partage des privilèges politiques » au détriment des entreprises locales ayant déjà fait leurs preuves sur le terrain.
« Les services locaux ne doivent pas être sacrifiés au profit des intérêts politiques ou des arrangements entre acteurs influents », ont-ils martelé.
La synergie des sociétés civiles de Watsa prévient également qu’elle se réserve le droit de passer à une « vitesse supérieure » à travers plusieurs actions citoyennes si un nouveau service de gardiennage venait à être installé dans des conditions qu’elle juge irrégulières ou politiquement motivées.
Par ailleurs, ces organisations citoyennes appellent les autorités provinciales à soutenir l’émergence et le développement des entreprises locales de sécurité plutôt que de favoriser des structures qu’elles considèrent comme politiquement protégées.
Enfin, les activistes exhortent le médecin directeur du Centre Hospitalier de Kibali à faire preuve de neutralité dans la gestion de cette affaire et à éviter toute influence politique dans les décisions administratives de l’hôpital.
Ils l’invitent surtout à privilégier l’intérêt général, la stabilité des travailleurs concernés ainsi que la sécurité de la population fréquentant cette structure sanitaire.
Jusqu’à présent, ni la direction du CHK ni les autorités provinciales n’ont officiellement réagi à ces accusations portées par la société civile.
Héritier Moga

