Accusé par le média en ligne Transparenceinfo.com d’avoir défié l’autorité du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, dans le dossier de succession à la tête du groupement Bugutali, en chefferie des Mari-MINZA, territoire de Watsa, César Mbiliki III a réagi avec fermeté.

Cette réaction intervient alors que la succession du défunt chef de groupement Bugutali, Senze Menge Gaspard, demeure en suspens. Le processus est marqué par une controverse autour de la présentation d’un candidat dont l’éligibilité coutumière et administrative est contestée.

Dans une interview exclusive accordée à VisionActu.net, César Mbiliki affirme n’avoir jamais défié l’autorité du gouvernement central.

«« Je n’ai jamais défié l’autorité du VPM de l’Intérieur. Je renvoie le média en ligne Transparenceinfo.com à l’école pour apprendre la loi portant statut des chefs coutumiers en RDC. Elle est claire en la matière dans ses articles 6 et 15. »»

Il explique également que sa présence à Isiro s’inscrit dans le cadre d’une consultation initiée par les autorités provinciales.

«« Je m’étonne de voir de telles déclarations alors que nous sommes à Isiro pour une consultation sur invitation de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de province, accompagné du chef de chefferie Mari-MINZA et de Monsieur Isabhu Médard. C’est ce que j’appelle manque d’arguments. Ce média doit nécessairement faire son travail d’Église au milieu du village et non le fanatisme », a-t-il déclaré.»

La loi au cœur de la controverse

La Loi n°15/015 du 25 août 2015 fixant le statut des chefs coutumiers prévoit plusieurs conditions pour l’exercice des fonctions de chef coutumier.

Selon l’article 6, cet exercice est notamment subordonné à l’existence d’une entité territoriale reconnue, à la présence d’une population, à l’intronisation conformément à la coutume locale ainsi qu’à l’investiture et à la reconnaissance par les autorités publiques compétentes.

L’article 15 précise, pour sa part, que lorsque le successeur est connu, l’autorité compétente autorise son installation. L’article 14 prévoit notamment, en cas de vacance, l’établissement d’un procès-verbal constatant cette vacance par l’autorité compétente.

Pour César Mbiliki, le problème réside donc dans le respect de ces différentes dispositions légales et coutumières.

Il estime que la présentation d’un chef sans intronisation coutumière ni reconnaissance officielle soulève des interrogations quant à sa conformité aux exigences prévues par la loi.

Une consultation attendue à Isiro

César Mbiliki rejette ainsi toute accusation de défiance envers Kinshasa. Il affirme que sa présence à Isiro répond simplement à l’invitation du gouverneur du Haut-Uele dans le cadre des consultations visant à trouver une issue au conflit de succession à la tête du groupement Bugutali.

Il appelle, par ailleurs, les différentes parties à privilégier le calme et la paix, en attendant l’issue de cette consultation initiée par les autorités provinciales.

L’objectif, selon lui, reste de parvenir à une solution conforme à la loi et à la coutume locale.

Dudu Joseph

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