
Watsa,Haut-Uélé, La carrière minière de Yawe Sala, située à Beverendi, est au cœur d’une controverse à la suite de la circulation d’un mémorandum mettant en cause la gestion du site par Mungu Jakisa, alias « Faux Molimo ».
Mis en cause pour sa gestion, l’administrateur du site bénéficie du soutien de plusieurs proches et collaborateurs qui rejettent les accusations formulées dans le mémorandum. Selon eux, la situation décrite dans ce document ne refléterait pas les transformations intervenues sur le site depuis l’arrivée de Mungu Jakisa.
Selon les éléments communiqués par son entourage, Mungu Jakisa aurait pris la direction de la carrière il y a environ deux ans, dans un contexte marqué par une faible production et d’importantes difficultés de fonctionnement.
Ses soutiens affirment qu’il aurait alors engagé des investissements considérables et consacré plusieurs mois à la réorganisation du site et à la relance de ses activités.
Ils évoquent notamment l’existence d’un protocole d’accord encadrant son intervention à Yawe Sala. Ce document, selon eux, pourrait être présenté aux autorités compétentes afin de clarifier les engagements et les responsabilités de chacune des parties.
La reprise de la production à l’origine de nouvelles tensions ?
D’après cette version des faits, les tensions seraient devenues plus visibles après l’amélioration de la production dans certains puits.
Les proches de Mungu Jakisa estiment que les divergences actuelles seraient notamment liées au contrôle de l’exploitation et aux intérêts des différents acteurs présents sur le site.
Ils évoquent également des tentatives présumées d’instrumentalisation communautaire et tribale. Des accusations qui, à ce stade, restent à confronter aux versions des autres parties ainsi qu’aux documents officiels du dossier.
Des interrogations autour de certains intervenants
La controverse soulève également des questions sur le rôle de certains agents intervenant sur le site.
Le nom de Teddy, présenté comme chef de poste des mines du lieu, est cité par les soutiens de Mungu Jakisa, qui lui attribuent un rôle dans les tensions actuelles.
Ces accusations doivent toutefois être vérifiées et confrontées à la version de l’intéressé.
La présence alléguée de Moïse Mboli, présenté comme agent de renseignement, sur un lieu d’exploitation artisanale est également évoquée. Sa présence soulève des interrogations sur le cadre de son intervention, ses attributions et les circonstances dans lesquelles il se serait retrouvé sur le site.
À ce stade, ces éléments nécessitent des éclaircissements auprès des services concernés.
Un dossier désormais soumis à la justice
Le dossier de la carrière Yawe Sala serait par ailleurs entre les mains de la justice.
Cette situation devrait permettre aux différentes parties de produire les documents susceptibles d’établir leurs droits et leurs responsabilités, notamment le protocole d’accord évoqué, les preuves d’investissement, les documents administratifs et miniers ainsi que les éventuelles décisions judiciaires concernant le site.
Pour les soutiens de Mungu Jakisa, il serait donc prématuré de conclure à une mauvaise gestion sans examiner l’ensemble de ces pièces.
Ils estiment également que les investissements réalisés avant l’amélioration de la production doivent être pris en considération dans l’analyse de la situation actuelle.
Des questions auxquelles les documents devront répondre
Au-delà des déclarations et des accusations croisées, plusieurs interrogations demeurent :
Qui détient légalement les droits sur la carrière Yawe Sala ? Quels investissements ont réellement été effectués ? Que prévoit exactement le protocole d’accord évoqué ? Quelle est la situation juridique actuelle du site ? Et dans quel cadre interviennent les différents acteurs cités dans ce dossier ?
Les réponses à ces questions devront notamment être recherchées dans les documents officiels et auprès des autorités compétentes.
Dans l’attente de ces clarifications, les différentes parties sont appelées à privilégier le calme et le respect des procédures afin d’éviter que le différend ne prenne une dimension communautaire ou tribale.
La justice, saisie du dossier selon les informations disponibles, devra examiner les éléments produits par les protagonistes et déterminer les droits et responsabilités de chacun conformément à la loi.
À Yawe Sala, l’enjeu dépasse donc les accusations de bonne ou de mauvaise gestion : il s’agit désormais de faire la lumière sur les investissements réalisés, les droits des différentes parties et le cadre légal de l’exploitation. La vérité devra être établie sur la base des faits, des documents et des décisions des autorités compétentes.

