Le réchauffement climatique affecte gravement la production agricole en chefferie des Walendu-Bindi, dans le territoire d’Irumu, province de l’Ituri.
Ce constat a été fait par un agriculteur rencontré par notre rédaction dans son champ, ce mardi 3 février 2026, à Gety, chef-lieu de cette entité coutumière située au sud du territoire d’Irumu.

Selon Monsieur Matsi Wingi Christophe, agriculteur de la place, le réchauffement climatique a totalement bouleversé les saisons culturales A et B, qui n’existent plus comme par le passé. Il affirme être lui-même victime de ce phénomène climatique, lequel entraîne une forte perturbation du calendrier agricole.

Il souligne également que le réchauffement climatique a pour principale conséquence la baisse significative du rendement agricole par rapport aux années antérieures.

S’exprimant sur la pratique de l’agriculture en chefferie des Walendu-Bindi, il déplore le désintéressement des jeunes pour ce secteur vital, qualifiant cette attitude de « bombe à retardement », car, selon lui, sans agriculture, il n’y a pas de vie.

« C’est vrai, tu peux avoir de l’argent, mais s’il n’y a rien à acheter comme nourriture, tu finiras par mourir », a-t-il martelé.

Tout en rappelant la place stratégique qu’occupe l’agriculture dans l’économie locale des Walendu-Bindi, il appelle la population à persévérer dans les activités agricoles, malgré les conditions climatiques difficiles liées au réchauffement climatique.

« Notre chefferie était jadis l’une des grandes zones de production agricole en Ituri, car tout le monde considérait l’agriculture comme une priorité. Aujourd’hui, elle est abandonnée entre les mains des personnes du troisième âge, pendant que les jeunes s’adonnent aux taxis-motos, aux jeux de dames, à l’exploitation artisanale de l’or et à d’autres services.
Si nous ne redonnons pas de la valeur à l’agriculture, je vous assure qu’une période de famine pourrait frapper la région vers 2027 ou 2028 », a-t-il conclu.

Pour faire face à cette situation en chefferie des Walendu-Bindi, il propose plusieurs pistes de solutions, notamment :

Persévérer dans l’agriculture malgré les conditions climatiques actuelles ;

Encourager les jeunes à redonner à l’agriculture une place prioritaire par rapport à d’autres activités économiques, la chefferie des Walendu-Bindi étant essentiellement rurale ;

Que les autorités locales interdisent la pratique des jeux publics durant les heures matinales, à travers des contrôles rigoureux, afin de responsabiliser les personnes oisives ;

Réhabiliter le système des champs sous contrat et relancer les travaux champêtres collectifs dans tous les villages.

Nicolas Kayembe

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