
Les activités scolaires ont été paralysées ce mardi 14 avril 2026 dans le centre scolaire d’Eringeti (sous-division d’Oicha), en territoire de Beni, province du Nord-Kivu.
Lors d’une ronde effectuée aux alentours de 7h30 dans plusieurs écoles primaires et secondaires, nous avons constaté que les activités étaient perturbées par le mouvement de grève décrété dans le territoire de Beni. Seuls quelques rares élèves et certains chefs d’établissements étaient visibles dans les cours de récréation.
Interrogé sur place, un enseignant justifie son absence par le mot d’ordre de grève lancé depuis lundi pour réclamer le paiement des salaires :
« Nous avons rempli notre tâche durant tout le mois. Nous n’avons aucune dette envers le gouvernement congolais ; c’est à lui de s’acquitter de ses obligations. Nul n’ignore la souffrance que traversent les enseignants de la RDC en général, et singulièrement ceux de l’Est du pays. Nous sommes locataires et l’accès à nos champs reste difficile à cause de l’insécurité imposée par les rebelles ADF », a t’il déclaré.
Par ailleurs, plusieurs écoles de la sous-division Irumu 1 (Province de l’Ituri), délocalisées sur l’axe Luna-Komanda suite à l’insécurité et fonctionnant actuellement à Eringeti, subissent de plein fouet ce mouvement. Bien que la grève ne concerne pas officiellement leur sous-division d’origine, leur situation de » «déplacées» » les contraint à l’arrêt.
« En tant que déplacés, nous sommes obligés de nous soumettre aux réalités de notre zone d’accueil. Il nous est impossible d’organiser les cours dans des concessions qui ne sont pas les nôtres quand tout le milieu est à l’arrêt », confie un enseignant d’une école délocalisée.
À Luna-État, village voisin d’Eringeti, le constat est similaire mais inversé : si les enseignants étaient présents, ce sont les élèves qui manquaient à l’appel.
Face à cette situation, les parents appellent les enseignants à la clémence, tout en exigeant du gouvernement qu’il respecte ses engagements.
« À l’époque où nous financions nous-mêmes la scolarité primaire, il n’y avait pas de grèves. Depuis que cette charge a été reprise par le gouvernement, les années scolaires ne se terminent plus dans la sérénité », déplore un parent d’élève.

Pour rappel, ce mouvement de grève a été décidé lors d’une assemblée générale extraordinaire de la synergie des syndicats des enseignants (SYECO et SYNECAT), tenue le lundi 13 avril 2026 à l’EP d’application de Masosi. Selon les responsables syndicaux Justin Kambale Mbululi et Isée Balu, cet arrêt de travail est dû au non-respect des délais de paiement des salaires et aux difficultés de démarrage de la mutuelle de santé dans le territoire de Beni.
Davi’s Erasme

