L’émotion demeure vive dans le territoire de Watsa après l’assassinat tragique de l’infirmier Emmanuel Thomo Akemane, survenu le 6 juin 2026 à Mungbere, dans la chefferie d’Andobi. Ce drame, attribué à un militaire à la suite d’un différend apparemment anodin, suscite une profonde indignation au sein du corps médical et ravive les préoccupations relatives à la sécurité des professionnels de santé dans les zones rurales du Haut-Uélé.

Dans un mémorandum lu devant le chef du secteur de Gombari à l’issue d’une marche pacifique organisée le 15 juin 2026 au centre de négoce de Wanga, l’Intersyndicale du Secteur de la Santé (ISS-RDC), sous-antenne de Wanga, a dénoncé un acte qualifié de « barbare et criminel ». Le représentant syndical des infirmiers, M. Mizangata Célestin, a déclaré à visionactu.net : « Nous ne sommes pas descendus dans la rue uniquement pour pleurer la disparition de notre collègue Emmanuel Thomo Akemane. Nous rappelons que la vie d’un infirmier a la même valeur que celle de tout autre citoyen. Lorsqu’un soignant est tué, c’est toute la communauté qui perd un acteur essentiel de son système de santé. Nous exigeons que justice soit faite et que des mesures concrètes soient prises pour garantir la sécurité de tous les professionnels de santé. »

Sur le plan sanitaire, cette perte met en évidence la fragilité du système de santé local, marqué par un déficit chronique en ressources humaines qualifiées. Dans ce contexte, chaque agent joue un rôle déterminant dans la continuité des soins, la prévention des maladies et la prise en charge des populations vulnérables. La persistance de l’insécurité dans l’exercice de leurs fonctions risque d’aggraver les inégalités d’accès aux soins et de compromettre les efforts de santé publique dans la région.

Face à cette situation, les infirmiers de la zone de santé de Gombari observent un arrêt de travail assorti d’un service minimum jusqu’au 17 juin 2026. Ils exigent l’ouverture d’une enquête indépendante, l’arrestation et le jugement de l’auteur présumé, ainsi qu’un accompagnement approprié de la famille du défunt. Cette mobilisation met en lumière l’urgence de renforcer la protection des personnels soignants, une condition indispensable à la stabilité et à l’efficacité du système sanitaire dans le Haut-Uélé.

James Paluku

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